Histoire, partie 2
Note: je reprend l’écriture des blogs. Je dois dire que, depuis novembre, mon état de peine était tel que je n’arrivais pas à écrire. Quand on se bat contre des injustices, quand on prend des coups, on se replie pour resister. Recemment, j’ai trouvé cette pensée, qui m’aide: la force de ceux qui ont un coeur n’est pas comparable à celle de ceux qui n’en ont pas. Le réseau de ceux qui ont un coeur ne lâche pas, car il n’est attaché à aucun intérêt matériel, il est tissé sur l’amour des autres, qui est la plus grande force au monde.
Voici donc la partie 2 de l’histoire:
Je crois qu’il ne faut pas avoir peur de regarder nos horizons, ni de l’ »eugénisme médical », sous prétexte que cela rappelle l’ »eugénisme d’état » de triste mémoire. Comme le mentionne Bernard Debré2, « il suffit d’aimer l’homme, de respecter son choix et de le sauver encore et toujours. Ni plus ni moins ». Si l’humanité est capable d’implémenter les règles éthiques de respect de l’homme et de sa dignité, alors « rien n’est à craindre » et, pour la première fois dans son histoire, elle aura la possibilité, et un moyen facile, d’améliorer ses gènes.
Dans la pratique, toutefois, plusieurs problèmes techniques s’opposaient à la réalisation de ce rêve : 1) les cellules fœtales circulantes sont rarissimes, de l’ordre de une mélangée à 10 millions de globules blancs et 5 milliards de globules rouges par millilitre de sang, 2) elles sont de quatre types différents : lymphoïdes, myeloïdes, érythroïdes et épithéliales (trophoblastiques) et seulement les érythroïdes et épithéliales constituent la bonne cible pour le diagnostic prénatal car elles sont éliminées à l’accouchement, et 3) ces cellules fœtales doivent être isolées sans être mélangées à aucune cellule maternelle, car le génome de la mère peut fausser l’analyse diagnostique réalisée sur le génome des cellules fœtales.
Après plus de 20 ans de recherches acharnées et infructueuses, à la fin du siècle dernier le scepticisme était la règle dans ce domaine. « Les cellules fœtales circulantes ? c’est le monstre de Loch Ness : tout le monde en parle, personne les a vues » entendait-on dans les congrès de génétique médicale.
Dans l’étude américaine, les chercheurs avaient développé des anticorps dirigés contre des antigènes des cellules érythroïdes et espéraient pouvoir ainsi isoler les cellules érythroides fœtales. De façon décevante, ces anticorps isolaient des cellules érythoides maternelles et laissaient échapper une bonne partie des rarissimes fœtales. Pour identifier les cellules fœtales effectivement isolées, les chercheurs avaient limité leur étude à des femmes enceintes de fœtus masculins ; dans ce cas le génome fœtal porte le chromosome Y, absent dans les cellules maternelles et identifiable par la méthode FISH (Fluorescence In Situ Hybridization). Les résultats furent publiés à la fin de 2002 dans la revue spécialisée Prenatal Diagnosis ; 1292 femmes enceintes d’un fœtus masculin avaient été testées : au moins une cellule fœtale avait été identifiée dans seulement 41% de ces mères avec un taux de faux positif de détection de sexe fœtal de 11%. Le travail montra la faillite de la méthode américaine et induit plusieurs équipes à délaisser le sujet, considéré comme « impossible ».






